PORTRAIT STEPHANIE

DATES CLÉS:

30 avril 1994 Naissance à La Rochelle (17)
2012 Déménagement à Nantes
2013 Obtention de son diplôme d’aide-soignante
2019 Obtention de son DUT GEA

Rochelaise de naissance, vendéenne de cœur et nantaise d’adoption, cette femme de 26 ans, aussi indépendante et humaine soit-elle, nous dévoile un parcours professionnel semé d’embûches et de rebondissements.

SurpreNantes

 

Alors que son visage se dessine péniblement sur mon
écran de façon pixelisé et que sa voix se martèle de
plus en plus dans mes oreilles, je décide de changer
ma connexion internet. « Allô ! Tu m’entends mieux, tu me
vois mieux ? », peu banal comme introduction mais en cette
période de confinement ce sont des mots couramment utilisés.
Ça y est je l’aperçois. La simplicité est ce qui me frappe en
premier chez Stéphanie. Toujours ce fameux sourire aux
lèvres, les cheveux attachés en arrière, pas ou peu de
maquillage autour de ses yeux verts saillants et un tee-shirt
noir col rond, ce style épuré que nous lui reconnaissons tant.
Cette année, Stéphanie est en licence professionnelle Gestion
des Ressources Humaines à l’IUT de Nantes en alternance
dans l’entreprise des Salines de Guérande.

Elle accompagne la Responsable des Ressources Humaines dans ses missions diverses comme la paie, le plan de développement des
compétences ou encore l’administration des RH. Si
aujourd’hui elle se plaît dans ce qu’elle fait, son parcours n’a
pas toujours été comme qui dirait, un long fleuve tranquille.
Née à la Rochelle, elle a passé une grande partie de sa vie à
la Roche-sur-Yon, en Vendée, entourée de son père, originaire de
Pologne, et de son petit frère de 24 ans, Mathieu, son protégé. Elle a
débarqué à Nantes à sa majorité pour y venir faire ses études en école d’infirmière. Venant d’un bac ES (Economique et Sociale), ce choix de poursuite d’étude n’était pas une évidence mais plutôt un déclic « j’ai pris conscience que j’avais besoin d’être utile ». Finalement elle s’est arrêtée en fin de première année et a décroché son diplôme d’aide- soignante. Elle a enchaîné les contrats dans les EPHAD, les cliniques avant de finir dans une maison d’accueil spécialisée dans les handicaps lourds (physiques et psychiques). Malgré son amour et son attachement aux gens, elle décrit « c’est un
métier difficile avec peu d’évolution possible. Je ne me
voyais pas le faire toute ma vie. Les soins de conforts ne me
dérangeaient pas mais dès qu’il s’agissait de faire quelques
piqûres, ça me mettait une pression monstre car j’avais peur
de mal faire », en rigolant elle ajoute « j’avais même plus mal
que mes patients certaines fois ».

Elle a exercé cette profession pendant quatre ans avant de prendre un nouveau chemin « sans regrets, j’ai vraiment adoré faire ce métier ». Changer d’avenir professionnel n’a pas été une décision
simple à prendre. Pourtant jeune, mobile et sans enfant, cela
lui a demandé deux ans de réflexion. Dans un premier temps,
elle souhaitait se diriger vers une formation courte et a passé
tous les métiers en revue, de l’esthétique à hôtesse de l’air.
Toutefois, la peur de se retrouver une nouvelle fois dans cette
situation a pris le dessus et elle a choisi de revenir à son
domaine de prédilection : la gestion. Elle s’est donc orientée
sur un DUT Gestion des Entreprises et des Administrations à
l’IUT de Nantes. Elle a gardé un pied dans le monde
professionnel puisqu’elle l’a fait en alternance à SNCF
Réseaux. Elle occupait un poste dans le contrôle de gestion et
la comptabilité. Ce saut dans l’inconnu est à présent devenu
une réelle fierté « je suis contente de voir que je réussie » et
les résultats sont là. Obtenant son diplôme haut la main, elle
a ensuite souhaité se diriger vers les Ressources Humaines.
Elle trouve à ce domaine une dimension riche et humaine
dans le sens où elle contribue à gérer tous types de relations
(de l’embauche au licenciement), elle ajoute aussi « ce
domaine est en perpétuel évolution tant sur le plan législatif
que technologique par exemple. Il n’y a pas de place à la
routine et c’est ce que j’apprécie ».
Nous entendons souvent parler de la difficulté des étudiants à
trouver un contrat d’alternance. La licence GRH, dont le
responsable de formation est M BAREL, aide les étudiants
chaque année dans leurs recherches en transmettant les offres
des entreprises partenaires à la nouvelle promotion. C’est
grâce à ce réseau interne que Stéphanie a rejoint les Salines
de Guérande. Elle occupe un poste très polyvalent ce qui a
l’air de lui convenir. Chaque fin de mois elle s’occupe de la partie paie, une tâche qu’elle appréhendait car elle me confie
« c’est notamment pour être en appui sur ce sujet que j’ai été
recrutée ». Ces craintes se sont assez vite estompées grâce à la bienveillance et à l’accompagnement de sa tutrice.

Elle acquiert au fur et à
mesure la technicité et les procédures internes de cette partie
du travail « je me suis surprise à aimer cette mission, a priori
très axée sur les chiffres, mais qui reflète pourtant très bien la
vie de l’entreprise. ». Par ailleurs, il n’est pas donné à tout le
monde de travailler dans un environnement aussi paisible que
celui des marais salants. Sur un ton malicieux, elle m’avoue :
« c’est un vrai plaisir au quotidien de venir travailler dans cet
environnement salé ». A présent, son unique frustration est le
fait d’être alternante et de ne pas travailler en totale autonomie sur des missions ou dossiers « j’ai hâte d’occuper un poste à part entière ». En septembre prochain, elle intégrera l’Université Catholique
de l’Ouest à Angers pour faire un master RH en alternance
toujours dans la même entreprise. Cette nouvelle opportunité,
elle la voit comme une façon d’aborder les axes stratégiques
des RH et comme un tremplin pour des évolutions dans sa
carrière. Se fixer des objectifs au long terme et pensez déjà à
demain est une manière pour Stéphanie d’envisager plus
sereinement l’avenir. « Je ne veux pas être bloquée pour
l’obtention d’un poste qui me plairait, à cause d’un manque
de diplôme ». Un parcours et des ambitions professionnelles
qui se dessinent petit à petit dans sa tête. Quand je lui
demande comment elle se verrait dans 10 ans, elle me répond
aussitôt « je voudrais avoir un métier chouette toujours dans
les RH mais dans une structure paramédicale si possible ». Ce
qui est sûr, c’est qu’elle n’a jamais vraiment quitté ce milieu.
Elle s’est engagée depuis un an dans l’association Petits
Frères des Pauvres. Elle rend visite à une personne âgée toutes
les deux semaines « on discute, je lui apporte mon soutien,
ma présence ». Ce sentiment de se rendre utile pour autrui est
vital pour Stéphanie qui a besoin de mettre du sens dans ses
actions au quotidien.

Sur son canapé, je remarque qu’un sac à main est posé à côté
d’elle. Au quotidien, j’aperçois souvent ce détail sur elle. Il
change selon ses tenues, alors je décide de plonger dans le
bain et lui demande le nombre de sac
qu’elle détient. Elle rigole puis
d’une voix timide lâche « une
vingtaine… ». Bingo, je le savais !
Cet accessoire « c’est la cerise sur le gâteau » déclare-t-elle.
Comme toute personne passionnée, elle détient au fond d’elle
son petit préféré « Sac de Jour d’Yves Saint Laurent mais il
coûte plus de 2 000€ » souffle-t-elle, pour le moment
inaccessible à son budget.
En voyant ce qui se passe en ce moment, elle regrette
profondément la situation. « Franchement je me sens inutile à
ce moment précis. J’aurais presque aimé être restée dans le
milieu médical pour pouvoir aider les soignants et les
patie… ». Soudain, plus un son. « Allô, Stéphanie… Tu
m’entends ? ». Encore ma connexion qui me fait défaut. J’en
avais terminé de toute façon mais je me reconnecte pour la
remercier et lui souhaiter tout mon soutien dans ses projets
futurs.