Loraine, un passé chargé d’expériences.

« Mon rêve ? Me réveiller un matin, regarder par la fenêtre et pouvoir admirer les paysages de la ville où j’ai grandi. » Ce sont les yeux brillants de souvenirs que Loraine prononce ces mots avant de se perdre quelques instants dans ses pensées, un sourire mélancolique venant étirer le coin de ses lèvres. En sortant de sa rêverie, elle ajoute qu’elle attendra peut-être sa retraite, mais peu importe, elle sait qu’elle y retournera un jour.

Pourtant encore loin de cette retraite, notre petite clermontoise cache derrière son apparence une grande expérience. Jamais à court d’anecdotes à partager, elle donne l’impression d’avoir déjà vécu milles vies. Et c’est armée d’une innocence à toute épreuve qu’elle évoque avec banalité les multiples boulots qu’elle a déjà exercés. De caissière à conseillère bancaire, en passant par femme de ménage ou encore vendeuse, Loraine est déjà forgée à la dure loi du marché et a très vite appris à connaître ses limites. Elle évoque avec sagesse : « j’ai appris à me respecter et à savoir ce que je voulais ». Ce qu’elle souhaite aujourd’hui, c’est exercer dans un domaine qui lui plaît : les Ressources Humaines. Alors qu’elle possédait déjà un BAC+2 en droit, elle réalise 2 années en BTS Comptabilité, sachant que ce diplôme peut lui ouvrir les portes de la licence GRH. La fierté fait briller son regard alors qu’elle évoque son objectif et ce qu’elle a fait pour l’atteindre : « J’en ai bouffé des chiffres pendant 2 ans ! Mais je savais que ce diplôme me permettrait d’avoir un bon dossier pour intégrer la licence. »

Lorsqu’on lui demande pourquoi les Ressources Humaines, il ne faut pas longtemps à Loraine pour évoquer sa passion pour le droit et les années qu’elle y consacra. C’est la voix chargée de regret qu’elle évoque ce passage de sa vie. « Je garde un goût d’inachevé », avoue-t-elle en évoquant l’abandon de ses études de droit, «si j’en ai l’occasion un jour, je retournerai à la Fac pour obtenir ma licence ».

Pas si surprenant quand on sait comme Loraine aime apprendre. Son principal trait de caractère ? « La curiosité », répond-elle sans la moindre hésitation. Elle s’adosse à sa chaise et explique avec un sourire : « je pense que nous sommes tous différents, chaque personne peut t’apporter et t’apprendre quelque chose, c’est ça qui fait la richesse d’un échange ».

Quelle sagesse… A ce stade de notre échange, vous vous imaginez sûrement que Loraine est une femme adulte, professionnelle et bourrée d’expériences. Loin d’être suffisante, cette description ne rendrait pas honneur à son grain de folie.

Car Loraine se décrit elle-même « comme une petite fille », notamment en évoquant son impatience qu’elle décrit comme son principal défaut de caractère. « Je ressent de la frustration et je m’énerve facilement », indique-t-elle, « je n’ai pas un caractère facile ! ». Nul doute que Loraine a su conserver son âme d’enfant. C’est probablement pour cette raison que la faute qui lui inspire le plus d’indulgence est la gourmandise. « Je trouve ça super mignon ! » se défend-elle en esquissant un sourire attendri. Lorsqu’on l’interroge sur son enfance et ce qu’elle rêvait de devenir, elle s’esclaffe et raconte : « quand j’étais petite, je rêvais d’être archéologue. D’ailleurs, j’étais persuadée que je trouverai un squelette de dinosaure dans mon jardin ! ». A l’évocation de ce souvenir, elle semble se plonger dans ses pensées et oriente son regard vers la fenêtre, perdue dans la contemplation des brumes d’un passé dont elle est la seule détentrice. Un silence agréable s’installe alors que Loraine poursuit sa rêverie. A ce moment-là, si une personne attentive s’était attardée sur ses traits pensifs, elle aurait pu voir se dessiner sur ses iris les couleurs et paysages de sa ville natale.

Par Manon Guillonneau