Et la déconnexion, on en parle ?

Introduit dans la loi travail du 8 août 2016, le droit à la déconnexion est mis en œuvre depuis le 1er janvier 2017. Il concerne principalement les salariés travaillant dans les bureaux et ayant des semaines « classiques » avec le week-end en repos, même s’il est valable pour toutes les entreprises (de plus de 50 salariés).

Les salariés sont toute la journée devant l’écran et, de plus en plus, le téléphone professionnel prend le relais dès qu’ils n’ont plus l’ordinateur. Lorsqu’ils sont en déplacement ou qu’ils n’ont pas de connexion internet, le téléphone, c’est bien pratique. Or, lorsqu’ils sont à la maison, en vacances ou même juste au repas du midi, le téléphone continue de fonctionner et ils sont tentés d’y répondre. Voilà pourquoi ce droit a été mis en place, pour limiter ces connexions hors temps de travail et délimiter la vie de professionnelle de la vie personnelle. On joue ici principalement sur la santé et les risques de stress et notamment de burn-out…

On donne aux salariés un droit qui, d’après moi, devrait être un choix. En effet, il est de leur ressort de décider s’ils répondent aux mails à 23h ou le dimanche après-midi.  Certains diront : « Ca n’est pas de ma faute si j’en reçois. » C’est là que le droit à la déconnexion devient indispensable. En effet, quelle idée d’envoyer des mails professionnels dans son lit avant de s’endormir !? Regarder un écran avant d’aller se coucher peut causer, à long terme, des troubles du sommeil importants, mais il s’agit surtout de la difficulté à décrocher du travail…

Qu’en est-il de ceux qui envoient des mails le week-end ? En général, ceux-là et ceux qui y répondent sont les mêmes ! Ils prennent de l’avance en répondant aux sollicitations qu’ils n’ont pas eu le temps de traiter. Alors non, ce n’est pas de leur faute s’ils reçoivent des mails professionnels hors du temps de travail mais c’est de leur faute s’ils répondent.

On peut parler ici de conscience professionnelle, qui devient parfois une obsession. De plus, le fait d’être sollicité peut être considéré comme une valorisation, et on a alors peur qu’on n’ait plus besoin de nous.

Il faut donc que les salariés prennent leur santé en main en gérant cette connexion et qu’ils profitent de ce droit pour renforcer la frontière entre travail et vie personnelle. La loi ne prévoit pas de sanction mais elle reste existante en cas d’abus et elle oblige les entreprises par le biais d’accords et de négociations avec les partenaires sociaux à prendre des mesures.

On en arrive à devoir écrire noir sur blanc des règles pour nous autoriser à prendre des pauses… A EDF, l’entreprise dans laquelle je fais mon alternance, nous avons mis en place quelques accords : « managers et salariés limitent les contacts sur la plage 19h – 8h et les week-ends » par exemple.

Je pourrais encore en parler longtemps, car il reste plusieurs autres cas à évoquer comme l’hyper connexion ou encore les interruptions dans le travail, mais je crois qu’il faut savoir s’arrêter.

Si vous souhaitez davantage d’informations sur ce sujet, je vous invite à visiter ces sites qui m’ont inspirée : http://www.liberation.fr/france/2017/08/22/droit-a-la-deconnexion-une-mesure-difficilement-applicable_1590703 et https://www.myrhline.com/actualite-rh/zoom-sur-le-droit-a-la-deconnexion.html

 

Article d’Agathe ROSSI