Le Bilan Social : un outil d’aide à la prise de décision

D’après l’article L2323-70 du Code du travail, le bilan social récapitule “les principales données chiffrées permettant d’apprécier la situation de l’entreprise dans le domaine social, d’enregistrer les réalisations effectuées et de mesurer les changements intervenus au cours de l’année écoulée et des deux années précédentes”. On y trouve différentes rubriques, par exemple, l’emploi, les rémunérations, les conditions de santé et de sécurité, la formation, les relations professionnelles ainsi que sur les conditions de vie des salariés.

1)      Une obligation légale

D’après l’article L2323-68 du Code du travail, le bilan social est obligatoire pour les entreprises de plus de 300 salariés. L’entreprise dans laquelle je réalise mon contrat de professionnalisation ne compte qu’environ 200 salariés, ce document n’est donc pas exigé. Mais face aux nombreux avantages qu’il présente, il semble tout de même intéressant de constituer un écrit tel que celui-ci.

2)      Informer, planifier et négocier par le biais du Bilan Social

Les objectifs du Bilan Social sont nombreux et variés. Il peut aussi bien viser à informer qu’à communiquer.

Tout d’abord, il est destiné à informer de façon objective les différents acteurs de l’organisation. On dit qu’il est objectif car il est basé sur des données chiffrées et donc très peu contestables. De plus, ce fascicule ne se limite pas à un nombre restreint d’individus, il est consultable par tous.

En repérant les troubles et améliorations, le Bilan Social s’avère aussi être un bon outil de planification pour l’entreprise. Grâce à sa rétrospective sur les trois années précédentes, cela permet de discerner une tendance pour l’avenir et donc de l’envisager avec plus de sérénité. Ainsi, l’organisation pourra faire des prévisions et orienter ses politiques en fonction de ces dernières.

Le fait d’être composé de données objectives permet au Bilan Social d’être utilisé dans les différentes négociations et concertations présentes dans l’organisation. En effet, les valeurs présentent dans l’ouvrage constituent des bases solides que ce soit en terme de dialogue entre des collaborateurs ou de transactions avec des fournisseurs par exemple.

Finalement, de par ses données chiffrées, le Bilan Social présente de multiples avantages pour une entreprise. D’où l’intérêt de le réaliser, même si il ne constitue pas une obligation. Mais, il faut tout de même prendre en compte les caractéristiques de l’organisation avant de se lancer dans sa construction.

3)     La mise en place d’un Bilan Social

            La mise en place d’un Bilan Social est composée de différentes étapes distinctes à effectuer tout au long de l’année qui serviront à alimenter ce document.

            D’après l’article L2323-72, le comité d’entreprise et les délégués syndicaux doivent être informés 15 jours avant la réunion au cours duquel ils émettent un avis, du projet de réaliser un bilan social.

            Au fil des mois, il est nécessaire de choisir puis de recueillir toutes les données que l’on souhaite faire apparaître dans le Bilan Social. Ces données pourront concerner les absences maladie, les accidents de travail, les effectifs mois par mois, les rémunérations, les mouvements du personnel. Elles se trouvent à travers différents documents tels que les déclarations de mouvement de main-d’œuvre pour les mouvements du personnel et les effectifs, les déclarations d’arrêts maladie envoyées à la CPAM pour les absences maladie, etc…

          

Après avoir recueilli toutes les données, il faut procéder à leur analyse. Pour cela, il faut faire en sorte de rendre le plus lisible possible les données recueillies, on privilégiera ainsi les tableaux et graphiques.

            Ensuite, on procède au tri des informations. On ne présente seulement dans le Bilan Social  les analyses qui ont du sens et qui présentent une utilité pour l’entreprise. Il faut toujours garder en tête que le contenu du Bilan Social doit être adapté à l’entreprise concernée.

            On soigne la présentation du document de façon à le rendre attrayant pour ses lecteurs mais également compréhensible ceci passe également par un plan cohérent.

            Enfin, on diffuse le Bilan Social. Cette étape est, selon moi, la plus importante dans le sens où si on ne la fait pas correctement, tous les efforts accomplis précédemment seront désuètes. Il faut donc impliquer les différents acteurs afin que la publication ne passe pas inaperçue.

 

Pour conclure, le bilan social apparaît parfois désuète et incomplet car en décalage avec son époque, d’où le faible intérêt que certains lui portent. Mais, ces critiques peuvent être contrées par l’auteur de l’ouvrage. En effet, même si les chapitres sont dictés, les données inscrites dans le bilan social ne sont pas imposées. Il en revient donc à celui qui le rédige de faire en sorte de choisir les informations les plus intéressantes pour le lecteur afin de faciliter la lecture et de lui rendre son utilité. Il peut notamment rendre compte du climat social de l’organisation par le biais d’indicateurs sur l’absentéisme.